Qu’est-ce qui sera nécessaire pour guider le développement numérique et appuyer les travailleurs et le grand public durant la transition vers un futur plus automatisé? Les leaders émergents qui ont participé au Forum de Banff affirment que les principes sous-jacents que nous suivons – et sur lesquels nous insistons – peuvent faire toute la différence.

L’apprentissage machine a d’ores et déjà un impact radical sur le lieu de travail et les processus quotidiens. Certains insistent que programmer est vital pour les étudiants et que plus ils commencent tôt, mieux c’est. D’autres posent la question si nous ne perdons pas de vue les valeurs et les compétences interpersonnelles que les sciences humaines inculquent. D’autres encore se demandent si l’IA contribuera à affaiblir la cohésion sociale alors que, de plus en plus, le travail est entrepris par des machines pouvant apprendre à partir de données, identifier des modèles et prendre des décisions avec un minimum d’intervention humaine. Qu’est-ce que cela signifie pour le rôle des établissements d’enseignement, fournisseurs de services de formation, entreprises et décideurs politiques? Qu’est-ce qui sera nécessaire pour guider le développement numérique et appuyer les travailleurs et le grand public durant la transition vers un futur plus automatisé?

Le Forum des politiques publiques (FPP) a rencontré le chapitre montréalais du Forum de Banff afin d’explorer qui a quels rôles et responsabilités pour assurer le bien-être des Canadiens et Canadiennes pendant et après le virage technologique. Le message de Banff est clair : les principes sous-jacents que nous devrions établir et suivre pourraient faire toute la différence.

renverser la tendance: les leÇons de concordia

L’Université Concordia à Montréal veut tirer profit de la vague de changements technologiques que nous vivons aujourd’hui plutôt que de se faire balayer. Ils veulent devenir une « université de nouvelle génération ». Dr Guylaine Beaudry, vice-doyenne de la Stratégie numérique et libraire à l’Université Concordia, nous a donné un aperçu en coulisses de comment l’université espère renverser la tendance pour sa main d’œuvre et ses professeurs, étudiants, communauté et l’institution d’enseignement supérieur.

Quatre recommandations pour amortir le changement numérique :

  • Se concentrer sur les gens et les appuyer.
  • Suivre le rythme des changements culturels.
  • Renforcer les compétences et la sécurité numériques de tous.
  • Optimiser et tirer avantage de l’acquis

Comment une communauté de plus de 15 000 personnes – étudiants, professeurs, personnel et autres – peut-elle mettre en place des changements transformatifs à l’unisson et progressivement? L’approche de Concordia axée sur l’ensemble de la communauté est autant basée sur des valeurs d’inclusion que pragmatiques. Beaudry explique que comprendre le rôle de grande portée et l’incidence de la technologie sur Concordia exige des stratégies intentionnelles pour recueillir l’avis de tous, en plus d’une approche du changement à la fois continue, itérative et centrée sur les gens. « Les gens avant la technologie, les gens avant la technologie », insiste Beaudry. Le passage vers un futur numérique ne requiert pas seulement savoir quelles adaptations technologiques sont nécessaires dans l’université, mais aussi avoir une vision bien informée de comment communiquer les changements aux gens affectés. Écouter et réfléchir sont d’aussi grandes priorités que l’adoption technologique.

Commencer par la bonne question pour effectuer les changements qui importent

« Les gens craignent que les ordinateurs deviennent trop intelligents et prennent le contrôle de la planète, mais le vrai problème c’est qu’ils sont trop stupides et qu’ils ont déjà pris le contrôle de la planète” » – Dr Pedro Domingos, professeur d’informatique à l’Université de Washington et auteur de The Master Algorithm.

L’IA – la robotique, l’apprentissage machine et l’analyse de données de masse – vaut la peine d’être discutée, selon Renjie Butalid, cofondateur de l‘Institut d’éthique AI de Montréal et codirecteur du McGill Dobson Centre for Entrepreneurship. L’IA importe en raison de la portée de son incidence et sa vitesse de développement. Contrairement aux changements technologiques précédents, les innovations en IA permettent une mise à jour des systèmes et processus existants d’une vitesse et portée inédites.

En se basant sur son expérience à la tête de l’Institut d’éthique AI de Montréal, qui étudie le développement éthique, sûr et inclusif de l’IA, Butalid insiste sur l’importance de commencer par les bonnes questions. Nous devons nous questionner et même nous préoccuper de l’incidence qu’auront les opportunités et risques du développement technologique sur les Canadiens et Canadiennes.

Alors que Beaudry nous a rappelé qu’il ne faut pas oublier de se concentrer sur les gens avant la technologie, Butalid a aussi mentionné l’importance de s’assurer que les gens dans ou derrière les processus technologiques existants soient visibles et appuyés autant que l’est la création et mise en place de l’IA en premier lieu. Il faut appuyer les travailleurs et la qualité des emplois ainsi que l’adoption et l’innovation technologiques. Butalid insiste sur le soutien de la protection de base des travailleurs et la mise en place de nouveaux cadres légaux, des changements régulatoires et des politiques incitatives au besoin. Garder un œil critique sur les emplois qui émergent dans le nouveau paysage technologique et qui peuvent nuire au bien-être des travailleurs (comme les modérateurs en charge de la révision de contenu à caractère explicite sur les réseaux sociaux) reste aussi une priorité.

Principes pour soutenir les gens et la technologie

Quand nous leur avons demandé à qui revient l’intendance de la numérisation et l’automatisation croissantes – et l’assurance d’un soutien aux travailleurs et aux emplois qui en résultent – le Forum de Banff avait une réponse unanime : à tous. Pour guider les stratégies intentionnelles et conscientes pour le développement et les changements culturels, le Forum a assigné à chacun et chacune de faire respecter et concevoir les politiques en suivant quelques principes clés :

  1. Ouverture et transparence: Décideurs politiques de tous niveaux, employeurs, régulateurs sectoriels, syndicats de l’enseignement supérieur et de travailleurs doivent être francs envers les travailleurs, les communautés et eux-mêmes sur les réalités des changements prévus. Tirer parti des changements, plutôt que de les subir, exigera un partage d’information et une collaboration en toute transparence.
  2. Responsabilité et applicabilité: L’adoption et l’usage efficaces de l’IA pourraient exiger que tous les acteurs soient plus responsables de leurs décisions pour que les règles et réglementations soient raffinées et renforcées pour assurer que la voix de tous les travailleurs soit incluse. Cela pourrait prendre la forme d’une législation pour protéger la voix et le pouvoir du travailleur, de changements régulatoires pour colmater les failles dans les secteurs émergents, ou de normes éthiques pour employeurs et développeurs technologiques qui se frayent leur propre chemin innovatif et établissent le rythme de changement pour leur main d’œuvre.
  3. Centré sur l’humain:Placer les gens au centre des discussions sur l’IA sera nécessaire pour éviter d’empirer les écarts sociaux et économiques existants. Décideurs politiques, fournisseurs de services d’enseignement et employeurs doivent présenter ouvertement les opportunités et garantir l’égalité d’accès. Cela inclut des opportunités de connaître et comprendre la technologie de l’IA et d’améliorer les compétences technologiques des gens (comme l’alphabétisation numérique et la sécurité de l’information). Suivre ce principe pourrait même mener à des questions plus profondes sur la façon dont nous définissons un travail et une vie porteurs de sens, et quels modèles économiques correspondent le mieux à ces visions.
  4. Informé:Les changements culturels et l’adoption technologique devraient aller de pair. La façon dont ces changements simultanés prennent place influencera le public canadien soit à se sentir isolé, contraint et submergé, ou bien soutenu dans le cadre d’une nouvelle opportunité. La communauté responsable des politiques ainsi que les médias et employeurs devront s’assurer d’être informés avec précision sur la technologie de l’IA et son incidence pour savoir comment bien suivre les changements et relater l’histoire de façon transparente et constructive.

QUELLE EST LA SUITE?

L’atelier du Forum des politiques publiques avec le chapitre montréalais était le dernier d’une série de consultations avec les membres du Forum de Banff de partout au pays sur les enjeux clés auxquels fait face le Canada alors que le monde du travail change. Nous avons consulté des participants du Forum de Banff à Toronto, Edmonton, Vancouver et Montréal. Ces opportunités font partie de l’approche de inclusion à conclusion du FPP qui vise un vaste engagement, à organiser des conversations sur des politiques pratiques et générer des idées fraîches.

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