Comment le Canada peut-il utiliser sa main-d’œuvre hautement qualifiée dans le cadre de sa transition vers une économie du savoir? Palette Inc., une plateforme sans but lucratif, a été créée pour permettre à des travailleurs non traditionnels aux profils variés de se perfectionner dans un secteur des TIC qui rechigne à les embaucher. Le modèle proposé par Palette semble fonctionner.

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Une économie du savoir florissante repose essentiellement sur une main-d’œuvre hautement qualifiée et adaptable. Par ailleurs, comme l’a révélé la pandémie de COVID-19, les secteurs basés sur le savoir sont beaucoup plus résilients en période de trouble que la plupart des autres secteurs.

De quoi a besoin le Canada pour constituer la main-d’œuvre qui l’aidera à opérer sa transition vers une économie du savoir?

Sur le papier, nous avons déjà accompli cet exploit. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la population active du Canada est l’une des plus éduquées et qualifiées au monde. Notre solide système d’éducation postsecondaire, combiné à des programmes éprouvés de développement du marché du travail, devrait donner lieu à une abondance de travailleurs dans la catégorie que recherchent les entreprises axées sur le savoir. Pourtant, nous accusons un retard par rapport aux pays comparables. Les entreprises estiment que leur difficulté à trouver les talents appropriés freine considérablement leur croissance.

Notre pays excelle par sa capacité à créer des entreprises dans des secteurs tels que celui des technologies de l’information et de la communication (TIC), également appelées « haute technologie ». Nous sommes systématiquement classés parmi les cinq pays les mieux notés en ce qui concerne la création d’entreprises axées sur le savoir. Or, nos jeunes entreprises ne parviennent pas à s’imposer comme chefs de file à l’échelle mondiale. Par exemple, sept des dix entreprises ayant les plus grandes capitalisations boursières sur le marché des États-Unis œuvrent dans le secteur des connaissances. Au Canada, il n’en existe qu’une : Shopify.

L’ironie tenace et frustrante de cette situation veut que les entreprises canadiennes du secteur des TIC peinent à recruter des employés compétents en affaires alors qu’un nombre considérable de travailleurs sur le marché du travail canadien possède les compétences fondamentales pour exercer avec succès ces fonctions.

Le présent rapport se propose d’étudier ce paradoxe. Il est indéniable que le Canada a accordé une place importante à l’élaboration de politiques, de programmes et de services dans l’ensemble du marché du travail pour relever les défis inhérents à ce qu’il est convenu d’appeler une « lacune au niveau des compétences ».

Ce rapport démêle les actions des résultats, met à l’épreuve les idées reçues et donne un début de réponse à plusieurs questions cruciales :

  • Comment faire en sorte de maximiser les possibilités offertes aux Canadiens et Canadiennes dans le cadre de la transition vers une économie axée sur le savoir?
  • Quels sont les mécanismes de soutien appropriés pour les travailleurs à mi-carrière ou en fin de carrière qui risquent le plus d’être licenciés au cours de cette transition?
  • Comment nos systèmes de qualification et d’éducation doivent-ils évoluer pour préparer les personnes qui arrivent sur le marché du travail à un environnement où les besoins en matière de compétences évoluent constamment?

Surtout, nous posons une question essentielle : sommes-nous certains que le problème réside dans l’inadéquation des compétences?

Pour répondre à cette question, nous reprenons des principes élémentaires et nous nous interrogeons : de quoi ont besoin les travailleurs pour décrocher un emploi dans le secteur technologique, en particulier lorsqu’ils possèdent les compétences nécessaires, mais qu’ils sont issus d’un secteur totalement différent?

Pour étudier ces questions, et d’autres, nous (AJ et Arvind) avons créé Palette Inc., une plateforme nationale de talents sans but lucratif qui s’efforce de répondre aux besoins des entreprises les plus innovantes de notre pays en permettant à des travailleurs non traditionnels aux profils variés de se perfectionner rapidement. Une étude du marché, combinée aux enseignements tirés de notre première année d’existence, a donné lieu aux observations présentées dans ce rapport. Palette nous a offert la possibilité de mettre à l’épreuve des hypothèses dans des conditions réelles. Nous avons ainsi pu dégager de nouvelles perspectives, notamment en abordant la question des compétences du point de vue des entreprises et des travailleurs.

Nos conclusions générales indiquent que la difficulté des entreprises de TIC à trouver des talents relève moins d’un problème de lacunes structurelles au niveau des compétences dans la population active que d’un problème de sous-utilisation des compétences. Nous soutenons que la partialité inhérente aux entreprises du secteur des TIC empêche un grand nombre de travailleurs qualifiés de réorienter leur carrière vers ce secteur. Cette partialité découle des procédures d’embauche suivies par les entreprises du secteur des TIC qui ne permettent pas de repérer les compétences acquises dans des secteurs plus traditionnels. Cela contribue à une inefficacité chronique et à une sous-utilisation des talents sur le marché du travail, et renforce l’idée récurrente qu’il existe une lacune au niveau des compétences et/ou une pénurie de talents.

La difficulté à laquelle sont confrontés les décideurs politiques pour trouver la meilleure manière de soutenir l’économie naissante du savoir consiste à repérer les compétences que notre pays possède déjà et à déterminer comment les entreprises peuvent les exploiter. Comment créer les systèmes et structures nécessaires au redéploiement rapide des talents dans les différents secteurs à mesure que l’offre et la demande évoluent?

Il est essentiel que le Canada relève ce défi pour opérer sa transition vers une économie du XXIe siècle promise à une croissance soutenue – et qui offrira à tous les Canadiens et toutes les Canadiennes la possibilité d’améliorer leur qualité de vie, indépendamment des perturbations causées par l’automatisation, la récession ou une pandémie mondiale.

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