Face aux changements importants que subit le marché canadien de l’emploi, le régime d’assurance-emploi (AE) délaisse trop de personnes, tels que les travailleurs à temps partiel, temporaires et autonome. Le régime au Canada devrait être modernisé pour faire face aux perturbations à grande échelle qui sont toutes proches.

La nature de l’emploi change dans les économies avancées. L’interaction entre, d’une part, l’automatisation et l’intelligence artificielle et, d’autre part, les changements démographiques, les grandes perturbations sectorielles, la faible croissance de la productivité et d’autres tendances soulève des préoccupations quant à l’avenir de l’emploi. Ces changements s’accompagnent également de la possibilité de façonner un avenir qui offre aux travailleurs de meilleures chances d’obtenir un emploi décent. La conception des régimes de soutien clés et leur nature détermineront si l’avenir sera radieux ou sombre pour beaucoup de travailleurs.

Le régime d’assurance-emploi (AE) est une composante essentielle du filet de sécurité sociale du Canada. Il offre aux travailleurs qui perdent leur emploi un soutien vital, ainsi que l’accès à des programmes de formation professionnelle. Toutefois, face aux changements importants que subit le marché canadien de l’emploi, le régime délaisse trop de personnes et n’est pas bien structuré pour faire face aux perturbations à grande échelle qui sont toutes proches.

L’avenir de l’emploi sera caractérisé par des changements structurels dans le marché du travail, causés en grande partie par les nouvelles technologies. Cela signifiera probablement une plus grande précarité et l’érosion continue des relations traditionnelles avec l’emploi pour les travailleurs canadiens. Les travailleurs autonomes, les travailleurs à temps partiel et ceux qui sont temporaires, les liens fragiles avec la population active, et les longues périodes de chômage deviendront tous plus courants. Ces changements éloignent déjà beaucoup de personnes de la protection de l’AE aujourd’hui, étant donné que de nombreux travailleurs ne sont pas admissibles au régime et n’y cotisent même pas.

À mesure que ces tendances s’amplifieront, elles exposeront davantage trois défauts fondamentaux de l’AE :

  1. Les raisons avancées pour justifier la formule régionale d’admissibilité et les niveaux de prestations continueront de s’éroder, entraînant une inadmissibilité de plus en plus injuste de nombreux travailleurs au régime d’AE;
  2. Les défauts de conception de l’AE continueront d’avoir des répercussions sur l’ensemble du système de formation professionnelle, empêchant les plus vulnérables au Canada d’améliorer leur employabilité.

Pour faire face à ces enjeux, il faudra plus que quelques mesures timides visantun élargissement marginal de l’admissibilité. Pour que les travailleurs canadiens soient correctement soutenus à la lumière des tendances actuelles et nouvelles liées à l’avenir de l’emploi, ces problèmes doivent être abordés à travers une réforme audacieuse et profonde de l’ensemble du régime des aides au chômage.

En particulier, le régime de l’AE devrait être complété par un nouveau régime d’aide temporaire au chômage qui aiderait les personnes qui ne bénéficient pas actuellement de l’AE et celles qui ne sont pas bien desservies par le régime actuel. Pour régler le problème de l’inadmissibilité régionale sans fondement qui prive les travailleurs de prestations, la création d’un régime d’AE normalisé à l’échelle nationale devrait également être priorisée. Le système de formation professionnelle du Canada devrait également être transformé pour permettre la création d’un système intégré et souple conçu pour doter les travailleurs des compétences nécessaires pour trouver un nouvel emploi, quelle que soit leur situation par rapport à l’AE Sans une telle transformation, beaucoup trop de travailleurs au Canada aujourd’hui, et dans l’avenir, continueront d’être délaissés dans un monde du travail en pleine évolution.

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