Publication
La technologie au service de l’innovation dans l’écosystème des compétences et de l’emploi
Série | Compétences de l’avenir
Publié:3 novembre 2020
Project: L'avenir des compétences
Auteurs:Stephen Harrington, Wendy Cukier, Mark Patterson et Karen E. McCallum
Points clés
- Dans les programmes de la maternelle à la douzième année, on envisage d’utiliser l’intelligence artificielle comme outil pour évaluer le travail des élèves. Certaines études indiquent qu’elle apporte une valeur ajoutée en réduisant le fardeau administratif des enseignants, qui peuvent alors se concentrer davantage sur les pratiques pédagogiques créatives, et en réduisant les biais de notation.
- Évaluation des écarts de compétences : Les entreprises doivent connaître leurs déficits internes sur le plan des compétences. L’évaluation des écarts repère les déficits latents, d’ordre général ou particulier, et les déficits apparus suite à des changements contextuels, comme l’introduction d’une nouvelle législation, ou technologiques.
- L’évaluation des compétences est de plus en plus populaire. Une étude récente indique que 76 % des entreprises employant 100 personnes ou plus ont recours à un exercice de mesure des compétences durant le recrutement des talents pour évaluer les facultés intellectuelles et la personnalité, entre autres. Selon cette même étude, l’évaluation des compétences est réalisée pour 72 % des postes de cadres intermédiaires et 80 % des postes de direction, mais seulement pour 59 % des postes de niveau débutant.
Sommaire
Qu’il s’agisse d’intelligence artificielle ou d’automatisation, une foule d’articles ne cesse de nous parler des conséquences des technologies de rupture sur l’avenir du travail, notamment sur les emplois qui sont amenés à changer – comme les chauffeurs de taxi remplacés par des chauffeurs Uber ou les hôteliers qui redoutent la progression d’AirBnB.
Beaucoup plus rares, cependant, sont les voix qui parlent de ce que pourrait apporter la technologie si l’on regarde la situation sous un autre angle : le déficit de compétences.
La société peut tirer parti de la puissance des analyses de données, de l’intelligence artificielle, des communications mobiles et de la réalité virtuelle et augmentée pour évaluer les compétences et les développer, mieux mettre en adéquation l’offre et la demande, et créer des environnements de travail plus sains, plus inclusifs et plus productifs.
Il existe un grand nombre de nouveaux modèles d’apprentissage et de formation qui permettent d’améliorer l’accès, la diversité et la qualité des offres de perfectionnement et de formation ainsi que les pratiques des employeurs. Ce rapport présente des domaines dans lesquels la technologie peut offrir, ou offre, des approches innovantes dans l’écosystème des compétences et de l’emploi. Il détaille également la manière dont la technologie permet de combler le déficit de compétences, notamment en renforçant le perfectionnement et en aidant les entreprises à évoluer et à s’adapter. Illustré d’exemples concrets tirés du monde entier, il montre également comment la technologie permet d’améliorer l’accès, la diversité et l’inclusivité des lieux de travail pour les groupes en quête d’équité.
Il reste naturellement des aspects à améliorer. Les prestataires de services, qu’il s’agisse d’établissements postsecondaires, de prestataires de formation privés ou d’organismes communautaires, doivent améliorer le développement des compétences de sorte à répondre aux besoins des employeurs, à mieux répondre à ceux des demandeurs d’emploi et à offrir un appui, en particulier pour les groupes vulnérables. Parallèlement, les organismes de financement doivent investir dans ce qui fonctionne.
Il apparaît également que pour utiliser au mieux la technologie, les employeurs doivent mieux cerner les compétences dont ils ont réellement besoin ainsi que la manière de les définir et de les évaluer. Ils doivent également avoir un meilleur accès aux compétences existantes de différents demandeurs d’emploi et employés, et fonder leurs démarches de recrutement, de sélection, de promotion et de gestion des performances sur des éléments probants afin de soutenir les employés et de les conserver, tout en créant des environnements de travail plus inclusifs.
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À propos des auteur.es
Stephen Harrington
Leader national, Stratégie relative à la main-d’œuvre, Deloitte
Depuis 2011, Stephen Harrington rédige des articles et présente des conférences sur le thème de l’avenir du travail et le lieu de travail de demain. Possédant plus de 20 ans d’expérience en consultation, il dirige des mandats de transformation des stratégies relatives aux talents de manière à conscientiser les clients de Deloitte quant à leur raison d’être et à leur influence dans le processus d’amélioration des résultats de l’entreprise. En partenariat avec la HR Professionals Association de l’Ontario, M. Harrington a récemment corédigé le rapport La révolution de l’intelligence qui s’intéresse à la quatrième révolution industrielle et à ses effets au Canada.
Wendy Cukier
Professeure d’entrepreneuriat et de stratégie, École de gestion Ted Rogers, Université de Ryerson
Wendy Cukier est l’une des principales chefs de file canadiennes en matière de technologies de rupture, de compétences futures et d’innovation inclusive.
Elle est la fondatrice du Diversity Institute à l’Université Ryerson et dirige plusieurs grands projets de partenariats visant à promouvoir la diversité et l’inclusion en milieu de travail. En collaboration avec le Brookfield Institute et l’École de gestion Ted Rogers, elle dirige le tout nouveau Portail de connaissances pour les femmes en entrepreneuriat, financé par le gouvernement du Canada et créé dans le but de promouvoir un système d’innovation inclusif pour accroître et développer les entreprises dirigées par les femmes.
Mme Cukier a activement participé à l’appel d’offres pour le nouveau Centre des compétences futures, une initiative de l’Université Ryerson financée à hauteur de 365 millions de dollars par le gouvernement du Canada. Elle pilote plusieurs projets de recherche pour le compte du Centre des compétences futures, notamment la récente série Compétences de l’avenir du Forum des politiques publiques.
Pendant son mandat comme vice-présidente à la recherche et à l’innovation de l’Université Ryerson, Mme Cukier a augmenté le financement de la recherche de 60 % en cinq ans et a mis en branle la création de nombreux grands projets multipartites, dont le Incubate Innovate Network of Canada (I-INC) et le Centre ontarien Innovation-Emploi.
Mme Cukier a remporté de nombreux prix pour son travail, notamment le prix Harry Jerome pour la diversité, le prix national Metropolis pour chercheurs et le prix Sara Kirke pour l’entrepreneuriat et l’innovation décerné par CATA Alliance. De plus, elle a été choisie comme une des 100 femmes les plus influentes du Canada par WXN. Plus récemment, elle a reçu le prix des Femmes en communications et technologie pour le secteur public et a été nommée Femme de mérite du YWCA, Femme d’influence et une des « 100 diplômés et diplômées qui ont façonné le siècle » par l’Université de Toronto. Elle détient un doctorat, une maîtrise en administration des affaires, une maîtrise ès arts et des doctorats honorifiques des universités Laval et Concordia.
Mark Patterson
Directeur général, Magnet, Université Ryerson
Mark Patterson est un agent du changement et pionnier de nouvelles approches en matière de développement de carrière, de recrutement inclusif et d’informations contextualisées sur le marché du travail pour propulser le changement social et économique. Depuis plus de dix ans, sa priorité est d’offrir des possibilités aux divers demandeurs d’emploi et de répondre aux besoins des employeurs.
En tant que directeur général, M. Patterson dirige Magnet, un projet technologique d’innovation sociale à l’Université Ryerson. Première du genre en Amérique du Nord, Magnet exploite une technologie d’appariement intelligent, des données et l’analytique pour connecter efficacement les personnes, les entreprises et les organisations aux différentes possibilités afin d’aider les régions et les collectivités à collaborer et à se développer. Magnet fournit l’infrastructure numérique du Centre des compétences futures du Canada, un centre de recherche avant-gardiste qui recherche la meilleure façon de préparer les Canadiens et les Canadiennes dès aujourd’hui aux possibilités de travail de demain.
Il fait partie des conseils consultatifs suivants :
- Membre fondateur du conseil consultatif du Centre des compétences futures
- Groupe consultatif pancanadien des intervenants du Conseil de l’information sur le marché du travail (CIMT)
- Conseil consultatif de la « Table axée sur le partenariat en matière d’emploi » en soutien à la Stratégie ontarienne d’emploi pour les personnes handicapées
Karen E. McCallum
Associée de recherche principale, Diversity Institute, Future Skills Centre, Université Ryerson
Diplômée des Universités de Waterloo et McMaster, Karen E. McCallum est chercheuse en études interdisciplinaires des sciences sociales. Elle est fière d’être de retour au pays pour rejoindre l’avantgarde dans le domaine du droit de la personne au Canada après avoir obtenu son doctorat à l’Université de Londres (R.-U.). Son travail à l’Université Ryerson donne suite à ses expériences universitaires antérieures comme professeure invitée à l’Université d’État Bridgewater (États-Unis) et comme chargée de cours à l’Université Oxford. Mme McCallum cherche à travailler au sein de partenariats constructifs dans le but d’améliorer les politiques publiques et de proposer des travaux de recherche pertinents permettant d’améliorer les résultats pour les peuples autochtones, les minorités racialisées et d’autres groupes en quête d’équité. Ses activités de recherche et d’enseignement s’inspirent principalement des études autochtones, de la sociologie (études des mouvements sociaux) et de la psychologie sociale (théorie sur l’identité de groupe, hypothèse de contact, sociologie des émotions).


