Les compétences numériques et les carrières en informatique font partie de l’avenir de toutes les industries. Les employeurs affirment pourtant qu’ils n’arrivent pas à trouver de travailleurs possédant les compétences en technologies de l’information et des communications (TIC) dont ils ont besoin. Dans ce rapport, Mme Shortt, M. Robson et Mme Sabat expliquent que le Canada n’a pas vraiment de système pour différencier un emploi en technologie d’un emploi ordinaire et explorent comment le fait d’avoir des définitions communes des compétences numériques et des carrières en informatique serait, pour les décideurs politiques et les employeurs, la clé permettant de combler les lacunes relatives aux compétences numériques.

Points clés

  1. Le langage utilisé par le Canada pour décrire les professions sur le marché du travail laisse de côté ou confond de nombreux emplois, compétences et outils du domaine numérique. Cela pourrait freiner la croissance économique et l’innovation au pays. Il est difficile d’embaucher les bonnes personnes sans convenir d’une définition des compétences numériques.
  2. Le sous-emploi des immigrants qualifiés (sans parler de la sous-représentation des femmes et d’autres groupes) dans le secteur des technologies d’informations et communications (TIC) donne à penser que les politiques et les pratiques de recrutement et de rétention des mêmes entreprises qui déplorent ces lacunes pourraient contribuer au problème.

Sommaire

Les compétences numériques sont de plus en plus recherchées dans de nombreux secteurs. Selon de récents rapports sectoriels, une pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans le domaine des technologies de l’information et des communications (TIC) freine la croissance des entreprises innovatrices dans le monde entier. Certains soutiennent qu’au Canada, ce défi mondial est exacerbé par la tendance historique des entreprises canadiennes à adopter les nouvelles technologies à une vitesse plus lente que la moyenne – une hésitation qui, selon plusieurs, résulte elle-même de pénuries antérieures de travailleurs qualifiés en technologie.

Bien que les origines et l’ampleur du « déficit de compétences numériques » ne fassent pas l’unanimité, le présent rapport soutient que ce déficit est bien réel, dans la mesure où il désigne un manque de candidats possédant les compétences requises par des employeurs précis. Toutefois, il faut comprendre que ses causes peuvent être plus complexes qu’on ne le pense habituellement. Par exemple, le sous-emploi des immigrants qualifiés et la sous-représentation des femmes et d’autres groupes dans l’industrie des TIC donnent à penser que les politiques et les pratiques de recrutement et de maintien en poste des entreprises mêmes qui se plaignent de ce déficit peuvent contribuer au problème.

Bien que les voies qui débouchent sur les « carrières numériques » soient nombreuses, il faut, pour y accéder et définir ces rôles, innover en matière de développement des compétences et d’approches. Or, un examen des cadres de compétences numériques les plus pertinents montre qu’il existe peu de compréhension globale des compétences ou des connaissances réelles qui contribuent au déficit de compétences; peu de compréhension globale des aspects de l’apprentissage et de la formation nécessaires pour le réduire; des distinctions confuses entre les domaines de connaissances, les aptitudes, les compétences et les outils nécessaires à l’apprentissage ou au travail du XXIe siècle; et une très faible détermination des niveaux de compétences.
Au Canada, le système de la Classification nationale des professions (CNP) fournit une nomenclature normalisée pour décrire les professions sur le marché du travail canadien. Mais dans ce système, comme dans d’autres, il y a souvent confusion entre un travail, les compétences et les aptitudes nécessaires pour être efficace dans ce travail, et les outils et techniques particuliers requis dans le cadre de ce travail. De plus, l’utilité de la CNP est aussi quelque peu limitée dans le contexte des compétences numériques, car elle n’a pas suivi le rythme de l’émergence des professions axées sur la technologie, comme celle d’ingénieur en infonuagique, et elle n’a pas non plus élaboré une façon claire d’inclure les rôles hybrides.

Pour ouvrir de nouvelles voies vers l’acquisition de compétences numériques, particulièrement pour les personnes actuellement sous-représentées, il faudra mieux comprendre le déploiement, la surveillance et l’évaluation des nouvelles approches en matière de détermination et d’acquisition des compétences numériques, et en matière d’emploi. Des définitions et des approches standard doivent être élaborées, établies et soutenues. Nous avons besoin de meilleures études de cas pour apprécier les effets des approches innovantes de développement et de recrutement des talents numériques, y compris les pratiques de formation et de recrutement inclusives, le réexamen des diplômes et des méthodes d’évaluation et de nouvelles formes de formation et de perfectionnement. Notre approche du développement et de l’utilisation des compétences numériques devra évoluer, mais pour que cette évolution soit possible, nous devons d’abord comprendre ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas et la manière de recourir à l’inclusion pour élargir le bassin de talents.

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