Dans un contexte où le travail saisonnier est plus fréquent, quel type de réforme de l’assurance-emploi (AE) permettrait à la fois de protéger les travailleurs et de contribuer à la création de marchés du travail locaux prospères? Ce rapport explore six options axées sur le Canada atlantique, tout en faisant valoir que le recours généralisé à l’AE par les travailleurs saisonniers donne l’impression qu’il y a plus de chômeurs qu’il y en a en réalité – une déformation de la réalité ayant des répercussions négatives sur le potentiel économique de la région.

Sommaire

La crise de la COVID-19 a mis en évidence les enjeux de longue date liés au système d’AE du Canada. Selon l’économiste David Campbell, la façon dont le Canada structure l’AE et évalue la main-d’œuvre saisonnière entraîne une distorsion des marchés du travail régionaux. En conséquence, cette distorsion a des répercussions négatives sur le potentiel économique des régions où les travailleurs saisonniers ont largement recours à l’AE.

Ce rapport met l’accent sur le Canada atlantique, où l’AE est devenue une importante source de revenu pour de nombreux ménages, surtout dans les petits centres urbains et les zones rurales. Les taux de chômage élevés en présence d’une pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs de ces régions constituent l’un des symptômes d’un système de l’AE qui repose sur l’assomption d’un emploi traditionnel et de travailleurs qui recherchent activement un emploi lorsqu’ils sont au chômage. Les travailleurs saisonniers ne s’intègrent souvent pas bien dans ce tableau, retournant au même emploi plus tard dans l’année plutôt que d’être « entre (différents) emplois », que ce soit par préférence, pour des raisons de compétences ou autres. Il en résulte qu’un grand nombre de travailleurs sont classés dans la catégorie des chercheurs d’emploi, conformément à la définition du chômage de notre système d’assurance-emploi, alors qu’ils ne le sont peut-être pas, puisqu’il n’y a pas de libellé précis permettant de traiter le travail saisonnier différemment de l’emploi traditionnel.

Ce rapport se penche sur six possibles réformes de l’AE et leurs diverses conséquences. L’objectif d’un programme d’assistance sociale est de protéger les travailleurs et de contribuer à la croissance économique dans les régions du pays où le chômage saisonnier est plus élevé – plutôt que de l’entraver. Étant donné que le Canada cherche à soutenir les travailleurs contre une plus grande volatilité des revenus après la pandémie de COVID-19 et à relancer la croissance économique, l’expansion du programme ne sera pas suffisante : L’AE nécessitera la prise en compte de la façon dont le programme est conçu par rapport au travail saisonnier et, pour commencer, de la façon dont les différents types de travailleurs et les scénarios du chômage sont classés.

David Campbell présente plusieurs principes directeurs qui devraient guider toute réforme potentielle de l’AE :

  1. Les réformes doivent permettre de dresser un portrait juste du chômage en tenant compte de la réalité de la main-d’œuvre saisonnière.
  2. Le premier objectif doit être que les entreprises aient accès à la main-d’œuvre nécessaire pour soutenir les économies régionales, à des salaires compétitifs.
  3. Il faut éviter les réformes qui forceraient l’émigration à grande échelle des travailleurs des collectivités rurales. L’objectif doit être de renforcer les collectivités rurales en veillant à ce que de nouveaux emplois à plein temps/à l’année et des emplois saisonniers puissent être pourvus. Toute réforme doit envoyer à l’industrie le signal clair que la demande de main-d’œuvre sera prise en compte.

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