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La désinformation en science dans le contexte de la COVID-19
Publié:1 septembre 2020
Project: DemX
L’avènement des médias sociaux a accordé au public une liberté d’expression et de rassemblement virtuel qui a transformé la société contemporaine. En ce faisant, l’environnement médiatique du XXIe siècle a aussi donné libre voie à l’extrémisme informationnel et à la désinformation de toutes sortes, de la plus comique à la plus outrageuse. Dans le présent rapport, Christopher Dornan se penche sur un aspect particulier du trouble informationnel, soit le contenu qui fait siennes les caractéristiques de la science dans le but de faire de la propagande antiscientifique.
Il avance que la désinformation en science représente un genre de fausseté particulièrement préoccupante puisqu’elle constitue une attaque à la rationalité et, par conséquent, à la base même de politiques publiques éclairées et de la bonne gouvernance. La pandémie de la COVID-19 constitue une étude de cas pour étudier des occurrences précises de désinformation en science, ses voies de diffusion et les dangers qu’elle représente pour le bien public.
L’auteur affirme que depuis longtemps, le grand public peine à comprendre la science, et bien que la fascination pour la pseudoscience soit plus vieille que les médias sociaux, les algorithmes à la base de ce nouvel environnement médiatique récompensent des contenus de plus en plus révoltants.
Il analyse différents types de désinformation relative à la COVID-19 en fonction des dommages que ceux-ci peuvent causer, et il examine la responsabilité des médias d’information traditionnels et des plateformes de médias sociaux en temps de crise. À partir de quel moment la publication de perspectives anticonformistes, considérée comme une contribution utile et juste en temps normal, constitue-t-elle un danger pour le public?
Certes, le scepticisme à l’égard de la science a pris de l’ampleur bien avant la pandémie, mais récemment, il semble avoir adopté un accent politique. Qu’il soit question de changements climatiques, de vaccins ou de COVID-19, certains partisans de la droite semblent tout à fait à l’aise de faire fi du consensus scientifique dès qu’il contredit leurs valeurs politiques.
En conclusion, pour aller à l’encontre de ces tendances, le rapport propose :
- de multiplier les efforts pour presser les entreprises des médias sociaux d’assumer leurs responsabilités publiques;
- de mieux comprendre pourquoi le scepticisme à l’égard des sciences semble cadrer avec la droite politique;
- d’approfondir nos connaissances sur la façon dont la désinformation en science utilise les médias sociaux à son avantage et (4) de s’engager à mettre en place une campagne persuasive et continue d’éducation publique afin de contrer les dommages sociaux causés par la désinformation en science.
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À propos de l'auteur
Christopher Dornan enseigne à l’Université Carleton où il a été directeur de la School of Journalism and Communication pendant neuf ans et du Arthur Kroeger College of Public Affairs pendant six ans.
Il possède un baccalauréat en journalisme de l’Université Carleton, une maîtrise en histoire et philosophie des sciences de l’Université de Cambridge et un doctorat en communication de l’Université McGill. Il a enseigné à l’Université Cornell durant deux ans avant de se joindre au corps professoral de l’Université Carleton en 1987.
M. Dornan a travaillé comme reporteur pour l’Edmonton Journal, comme rédacteur et éditorialiste pour l’Ottawa Citizen, et comme chroniqueur pour The Globe and Mail et la radio de CBC. En 2006, il a été professeur invité à la Danish School of Journalism et à l’Université d’Aarhus dans le cadre du programme Erasmus Mundus.
Ses travaux universitaires ont été publiés, entre autres, dans les revues Critical Studies in Communication, Canadian Medical Association Journal, Topia, Journalism Studies et Media Studies Journal, en plus de figurer dans les rapports de recherche de la Commission royale sur la réforme électorale et le financement des partis.
M. Dornan est le codirecteur (aux côtés de Jon Pammett) de l’ouvrage à paraître The Canadian Federal Election of 2019 (McGill-Queen’s Press), tout comme des six volumes précédents de la série.
Il a été l’un des principaux auteurs et réviseur des deux volumes de l’Examen de l’aérospatiale (le rapport Emerson) mandaté par le gouvernement et publié en 2012, du Cadre de la politique spatiale de l’Agence spatiale canadienne publié en 2014, ainsi que du rapport du Forum des politiques publiques sur l’état des médias d’information au Canada, Le miroir éclaté : nouvelles, démocratie et confiance dans l’ère numérique, publié en 2016.
Ses plus récents travaux comprennent le document de réflexion Dezinformatsiya : le passé, le présent et l’avenir des « fausses nouvelles » (2017), rédigé pour la Commission canadienne pour l’UNESCO, et How to Navigate an Information Media Environment Awash in Manipulation, Falsehood, Hysteria, Vitriol, Hyper-Partisan Deceit and Pernicious Algorithms: A Guide for the Conscientious Citizen, rédigé pour le Comité canadien pour la liberté de la presse et la Commission canadienne pour l’UNESCO.
Il préside le conseil d’administration des magazines Reader’s Digest (Canada).
