Comment les petites collectivités et les régions rurales du Canada peuvent attirer et retenir les nouveaux arrivants quand la plupart préfèrent s'établir dans quelques grandes régions métropolitaines? Ce rapport examine les expériences de cinq collectivités qui ont tournées vers l'immigration pour aider à renverser le déclin de la population et stimuler les perspectives économiques, et propose des solutions à court et à long terme.

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RÉSUMÉ

Le Canada est un pays ouvert, accueillant et généreux. Il est bâti sur la diversité, et les collectivités sont plus fortes lorsqu’elles accueillent et travaillent avec les nouveaux arrivants qui veulent bâtir un Canada meilleur. Cependant, avec la tendance naturelle à l’intensification et à l’urbanisation, la plupart des nouveaux arrivants au Canada s’installent dans seulement quelques grandes villes, qui offrent de meilleures possibilités économiques et de diversité culturelle. Le reste du pays n’a pas récolté les mêmes bénéfices des nouvelles idées apportées par les nouvelles personnes, et les petits centres n’ont pas proportionnellement tiré parti des avantages de l’immigration. Aucontraire : de nombreux petits centres et régions rurales connaissent une baisse des perspectives économiques et même une diminution de la population, ce qui initie un cycle de déclin et crée, par conséquent, un faible attrait pour les nouveaux résidents, aggravant le déclin.

Le Forum des politiques publiques, en partenariat avec Voies vers la prospérité, a effectué des recherches pour déterminer comment améliorer l’attraction et la rétention des nouveaux arrivants afin de contribuer à la prospérité des petits centres et des régions les moins densément peuplées du Canada. Une recension des écrits et une analyse par collectivité publique ont été effectuées pour réunir les meilleures données disponibles sur l’attraction et la rétention des nouveaux arrivants dans les petits centres et les régions rurales. Une analyse des données de la Base de données longitudinales sur les immigrants (BDIM) a également permis de mieux comprendre les taux de mobilité et de rétention des immigrants dans les petits centres en Ontario. Ces résultats ont été validés et étoffés au moyen de consultations communautaires auprès de 199 parties prenantes clés dans cinq petits centres de l’Ontario.

Résumés des principaux résultats

  • Selon une tendance générale observée, des immigrants destinés à vivre dans de petits centres finissent par ne pas résider dans ces destinations après l’obtention du statut d’immigrant reçu. Alors qu’ils avaient l’intention de vivre dans une petite collectivité, ils décident en fin de compte de déménager ailleurs. Ces pertes ne sont pas compensées par des arrivées en provenance d’autres régions de la Province ou d’autres provinces, et bon nombre de ces collectivités font face à un problème persistant de migration nette nulle ou négative. De plus, en raison d’un rapport linéaire étroit entre la « réserve d’immigrants » et les taux de rétention, certains petits centres en Ontario sont dans une situation doublement difficile, car ils reçoivent peu d’immigrants pour commencer, et n’arrivent pas retenir ceux qui viennent.
  • De nombreux facteurs contribuent à déterminer si les immigrants choisissent de s’installer dans une autre collectivité, notamment les perceptions de la collectivité, la présence de la famille, d’amis ou d’autres immigrants, les possibilités d’emploi, les possibilités d’études, l’accès aux commodités culturelles et religieuses, le soutien des employeurs et leur désir de vivre dans un petit centre.
  • Bon nombre des facteurs qui influent sur l’attraction déterminent également si les immigrants resteront. Les facteurs qui suivent ont influencé la décision des immigrants de quitter une collectivité : l’absence d’une population immigrante nombreuse, le manque de commodités culturelles et religieuses, le manque de services d’établissement adéquats, la pénurie d’emplois satisfaisants, l’insuffisance de possibilités d’emploi pour les conjoints, l’insuffisance des transports publics, le logement inadéquat, le racisme et l’intolérance.

Recommandations

Les petits centres et les zones rurales doivent faire des efforts pour se démarquer. Les stratégies utilisées pour promouvoir, attirer et retenir les immigrants dans les petits centres et les régions rurales incluent des portails d’information en ligne, des campagnes et événements de bienvenue communautaires, des initiatives parrainées par les employeurs et des incitations au déménagement dans les petits centres et les régions rurales. Cependant, une approche fragmentaire ne suffira pas pour redynamiser les petits centres. Il faudra un effort collectif de nombreux ordres de gouvernement, d’associations d’entreprises et d’employeurs, de dirigeants communautaires et de la société civile, ainsi que du secteur de l’établissement. Des initiatives à court terme, dans un délai de trois ans, ainsi que des efforts à long terme seront nécessaires. Nous proposons ce qui suit pour considération préliminaire :

  • Offrir et améliorer des soutiens mobiles à l’établissement dans les petits centres et les collectivités rurales, sous forme de services de questions-réponses en ligne et par téléphone pour les municipalités, les prestataires de services et les nouveaux arrivants ;
  • Organiser et mettre en œuvre, en collaboration avec des associations d’entreprises et des conseils multiculturels, une campagne pour sensibiliser les employeurs et les collectivités à la valeur du talent des immigrants et à la façon dont les nouveaux arrivants peuvent aider à dynamiser l’économie et la démographie locales ;
  • Optimiser les programmes de soutien à l’emploi, notamment la formation en savoir-faire interculturel pour les employeurs et les prestataires de services connexes, les programmes de liaison et la facilitation de la relève pour les entreprises ;
  • Mettre en œuvre des programmes municipaux qui soutiennent les liens entre les étudiants internationaux et leurs communautés locales afin de les encourager à rester après l’obtention de leur diplôme ; et
  • Travailler à l’échelle du gouvernement pour identifier de nouvelles possibilités en matière de politiques pour investir dans le développement communautaire, telles que l’infrastructure rurale à large bande, les services abordables de garde d’enfants, les initiatives de formation et d’études dans les régions rurales et éloignées et les partenariats public-privé qui mettent à l’essai des nouvelles approches de logement et de transport abordables.

Étant donné que le coût du logement dans les grands centres urbains dépasse les revenus de nombreuses personnes, les petits centres peuvent rivaliser pour attirer tant les nouveaux arrivants que les Canadiens et Canadiennes. Les petits centres du Canada possèdent des caractéristiques uniques et bon nombre d’entre eux peuvent offrir un mode de vie attrayant aux nouveaux résidents potentiels. Des solutions de politiques raisonnables et la collaboration aideront les petits centres et les collectivités rurales du Canada à tirer profit des contributions économiques et sociales des nouveaux arrivants.

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AnnexES

Toutes les annexes sont disponibles seulement en anglais

Annex A: analyse juridictionnel

Annex B: Analyses BDIM

Annex C: Consultations communautaires

Merci à nos partenaires:

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, Voies vers la prospérité : Canada et le Gouvernement de l’Ontario

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