Les interfaces de programmation d’applications (API) pourraient considérablement améliorer la façon dont les gouvernements fournissent des services et des données aux citoyens. De plus, elles protégeraient les gouvernements des risques associés aux projets numériques gérés par ceux-ci. Le présent rapport examine les leçons retenues de deux projets d’API du gouvernement du Canada et les façons de tirer parti de leurs succès.

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Il existe une technologie capable d’améliorer radicalement la façon dont les Canadiens et Canadiennes interagissent avec leurs gouvernements et utilisent les données provenant de ces derniers. Ce faisant, cette technologie peut protéger le gouvernement des risques liés aux projets numériques et même créer de tout nouveaux marchés au sein de l’économie.

L’interface de programmation d’applications (API) a entraîné d’importantes perturbations sur les marchés. Netflix a rendu Blockbuster obsolète, Spotify a évolué pour devenir le plus grand service de musique sur demande au monde et Amazon est devenue la société ouverte la plus lucrative de la planète grâce aux API.

Les API sont devenues un élément technologique fondamental des architectures numériques modernes, qui influe sur tous les secteurs de l’économie mondiale. Aujourd’hui considérées comme une composante essentielle de la prestation de services numériques modernes, les API sont « une sorte d’infrastructure » et constituent « la clé permettant l’accès à l’économie numérique ». Les API peuvent potentiellement accélérer et améliorer la prestation des services numériques du gouvernement, accroître l’interopérabilité entre les organismes gouvernementaux, faciliter les initiatives en matière de données ouvertes et permettre aux secteurs privé et public de participer à la création de services numériques.

Vous ne connaissez peut‑être pas les API, mais vous les avez sans doute utilisées. Elles sont à l’origine de nombreuses fonctionnalités modernes allant des boutons vous permettant de partager des articles sur les médias sociaux aux indications fournies par votre application de navigation ou de cartographie favorite.

Les gouvernements utilisent de plus en plus les API. D’ailleurs, le programme IMPÔTNET de l’Agence du revenu du Canada (ARC), l’une des premières utilisations de cette technologie par le gouvernement du Canada, a été qualifié d’« exemple le plus significatif de succès » des services gouvernementaux en ligne.

Le nouveau rapport du Forum des politiques publiques, « Les API au gouvernement », examine deux utilisations des API au sein du gouvernement du Canada, dont le programme IMPÔTNET qui vise à aider le public et les fonctionnaires à comprendre ce qui fonctionne ou non.

Nous avons proposé quatre points à retenir :

1. Connaître ses utilisateurs, se centrer sur leurs besoins et instaurer la confiance

Comprendre pleinement vos utilisateurs et leurs besoins pour vous assurer que les API en cours de développement peuvent leur être utiles.

Il est essentiel de parler aux utilisateurs et de définir leurs besoins pour réussir la conception et le déploiement des API. Des interactions bidirectionnelles avec les développeurs de logiciels tiers qui utilisent des API sont essentielles du point de vue des renseignements et des commentaires. Lors de la conception d’une API, le Service numérique canadien (SNC) recommande de partager des locaux avec des utilisateurs afin de mieux comprendre leurs besoins et d’y répondre.

En fournissant de l’information relative aux objectifs du projet, aux limites juridiques et techniques, et d’autres détails, il est possible d’établir des relations de confiance avec les développeurs tout en leur donnant les moyens de formuler des commentaires aussi utiles que possible.

2. Rendre possibles des modèles hybrides de création conjointe parallèlement au déploiement d’API

Créer un espace pour des sociétés de logiciels, en vue de développer un éventail de différents modèles de prestation de services.

Auparavant, les services numériques du gouvernement étaient développés soit à l’interne, soit dans le cadre d’un processus d’acquisition. Mais des initiatives comme IMPÔTNET de l’ARC démontrent que les API peuvent déjouer les pièges des options classiques en partageant les données et en permettant aux développeurs de collaborer avec le gouvernement d’une nouvelle façon, sans que ce dernier ou une entreprise privée ait à définir une réponse unique aux possibilités offertes par les services de distribution numérique. Il n’est pas nécessaire de définir à l’avance la « bonne » ou la « meilleure » solution

 3. Utiliser des API pour pallier les limites des anciens systèmes

Les API peuvent servir à créer des passerelles entre les anciens systèmes et les modernes, tout en contournant les limites des systèmes existants et en permettant d’accélérer leur retrait final.

L’architecture d’entreprise au sein de nombreux grands organismes peut ressembler à un « Frankenstein » technologique – un éventail d’anciennes technologies rapiécées pour fonctionner avec les systèmes modernes. Au lieu de remplacer les systèmes existants ou de créer un code personnalisé permettant aux anciens systèmes d’interagir avec chaque nouveau système introduit (connu sous le nom d’intégration point à point), les entreprises peuvent créer des API qui établiront des passerelles avec les données d’un système existant.

Lorsque les API sont gérées de manière responsable, elles protègent les autres systèmes, permettent un accès sécurisé et contrôlé, donnent des informations sur la façon dont les données sont utilisées et accélèrent la productivité des développeurs. En permettant aux nouveaux systèmes d’accéder facilement aux données d’un système existant, la modernisation de la totalité du système devient bien plus simple, de même que la possibilité de surmonter les limites imposées par l’infrastructure existante.

4. Utiliser les API pour rendre les données gouvernementales plus accessibles

L’utilisation des API peut constituer un moyen plus efficace d’ouvrir des données structurées à l’intérieur et à l’extérieur du gouvernement.

Les API publiques peuvent jouer un rôle important en vue d’atteindre les objectifs d’un gouvernement ouvert en rendant les données accessibles au public de façon moderne, structurée et plus facilement utilisable.

Le partage de données découvrables et réutilisables permet à chacun de trouver de nouveaux cas d’utilisation et de s’adapter à l’évolution des besoins. Le fait de s’assurer que les API sont interopérables peut également accroître l’efficacité organisationnelle si elles sont partagées en interne. En fait, le Secrétariat du Conseil du Trésor (SCT) a mis à jour sa Directive sur la gestion des technologies de l’information afin d’exiger des normes et des solutions ouvertes par défaut, ainsi que certaines mesures permettant l’interopérabilité.

En utilisant les API pour partager les données, les gouvernements peuvent stimuler l’économie, améliorer la prestation des services, mettre à jour leurs technologies de l’information, mieux comprendre comment les citoyens utilisent leurs services, réduire les risques associés au développement de projets numériques et devenir plus ouverts et transparents.

Si vous êtes un fonctionnaire cherchant à concrétiser ces objectifs, lisez notre rapport et n’hésitez pas à communiquer avec nous ou avec le Service numérique canadien pour en savoir davantage.

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Contact : Zac Delong, responsable des politiques

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