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Six points clés de la stratégie canadienne en matière d’intelligence artificielle

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Publié:14 juillet 2026

La chercheuse associée au Forum des politiques publiques, Shingai Manjengwa, explique pourquoi la sécurité de l’IA, l’éducation et la coopération internationale doivent être au cœur de la politique canadienne en matière d’intelligence artificielle. 

Shingai Manjengwa est scientifique des données, éducatrice et entrepreneure. Elle a formé plus de 500 000 personnes partout dans le monde à la science des données et à l’intelligence artificielle. Elle dirige les activités de formation en IA à Mila, l’Institut québécois d’intelligence artificielle établi à Montréal. Mila est l’un des instituts nationaux d’IA financés dans le cadre de la stratégie canadienne. Les normes qu’elle préconise s’appliquent donc également à son propre travail. Les opinions exprimées ici n’engagent toutefois que leur auteure. 

La nouvelle stratégie canadienne en matière d’intelligence artificielle, L’IA pour tous, présente le plan du gouvernement visant à accélérer l’adoption de l’IA tout en répondant aux préoccupations croissantes concernant la protection de la vie privée et la sécurité. Comme l’a récemment expliqué au balado WONK du Forum des politiques publiques le ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, Evan Solomon, la stratégie privilégie une approche pragmatique. 

« Nous devons saisir les immenses possibilités qu’offre l’IA, tout en abordant franchement les préoccupations qu’elle soulève. » 

La stratégie repose sur six piliers. Bien que l’intelligence artificielle soit fondamentalement une discipline mathématique, le document est rédigé dans un langage accessible qui nécessite peu d’explications. Il propose une feuille de route générale vers les meilleurs scénarios possibles pour l’adoption de l’IA au Canada. Toutefois, à mesure que la stratégie sera mise en œuvre, certains aspects exigeront une attention particulière et soulèveront des questions importantes quant aux risques et aux répercussions potentielles de cette technologie. 

La sécurité, la sécurité, la sécurité 

Le premier pilier est, à juste titre, axé sur « la protection des Canadiennes et des Canadiens ainsi qu’à la défense de notre démocratie ». La stratégie consacre 50 millions de dollars à l’expansion de l’Institut canadien de sécurité de l’IA, dans le cadre d’un programme de plus de 2,3 milliards de dollars. Soit environ 2 %.  

Ce chiffre devrait nous faire réfléchir. 

Le secteur privé dispose d’incitations claires pour mettre en place la plupart des éléments d’un plan en matière d’IA. . Les centres de calcul, les centres de données, les jeunes entreprises innovantes et même la formation représentent des occasions d’affaires. Mais dans une course technologique alimentée par les forces du marché, la sécurité constitue un véritable bien public — et c’est précisément le domaine où seul l’État peut véritablement intervenir et investir. 

Les discussions sur la sécurité de l’IA sont parfois inconfortables, mais elles ne peuvent pas être reléguées au rang de simple note de bas de page dans une stratégie économique par ailleurs ambitieuse. Si nous perdons le contrôle d’agents d’intelligence artificielle ayant accès à nos infrastructures essentielles, plus aucun des autres objectifs de la stratégie n’aura d’importance. 

Le premier pilier aborde la question des hypertrucages (« deepfakes ») et de la désinformation, mais les enjeux vont bien au-delà. Des chercheurs ont déjà documenté des comportements préoccupants chez certains systèmes d’IA, notamment des formes de tromperie et de collusion. Les principaux laboratoires spécialisés en IA de pointe mettent maintenant en garde contre l’éventualité de systèmes capables de s’améliorer eux-mêmes de façon récursive, c’est-à-dire de concevoir leurs propres successeurs. Certains agents d’IA sont désormais capables de se répliquer.  

À peine deux jours avant le lancement de la stratégie, des chercheurs de l’Université de Toronto et du Vector Institute ont publié une preuve de concept démontrant un ver informatique utilisant un modèle d’IA librement accessible. Celui-ci pouvait analyser chacune de ses cibles, générer automatiquement une attaque adaptée à chaque système et se reproduire de façon autonome. En une semaine seulement, il avait compromis près des trois quarts du réseau expérimental en exploitant des vulnérabilités découvertes après la période d’entraînement du modèle. 

PLUS D’INFOS SUR PPF : Dans le baolado WONK de PPF, l’animatrice Amanda Lang s’entretient avec Evan Solomon, ministre de l’IA et de l’Innovation numérique, au sujet de la promotion de l’adoption de l’IA, de la mise en place de mesures de protection et de la collaboration avec les États-Unis.  

La bonne nouvelle, c’est que le Canada dispose de chercheurs de premier plan. Finançons-les comme il se doit. Investissons massivement dans la recherche sur la sécurité afin de former une relève de Canadiens qui constitueront notre première ligne de défense. Les secteurs de l’aviation, de la santé et de l’énergie nous ont appris que l’on ne gère pas les systèmes critiques à l’aide de principes facultatifs et de listes de contrôle purement formelles. On les encadre grâce à une recherche approfondie, à l’expertise canadienne, à une réglementation rigoureuse, à une solide discipline d’ingénierie, à des pratiques d’approvisionnement responsables, à des mécanismes de reddition de comptes et à une coopération internationale soutenue. 

Nos alliés sont déjà passés à l’action. L’Allemagne a annoncé cette semaine la création d’un institut national consacré à la sécurité de l’IA en réponse directe aux risques associés aux systèmes d’IA de pointe en matière de cybersécurité. Le Royaume-Uni a lancé le sien avec un financement de 100 millions de livres sterling, soit environ 170 millions de dollars canadiens , plus de trois fois le montant prévu dans la stratégie canadienne. 

Démocratiser l’IA comme nous avons démocratisé l’électricité 

L’éducation et la formation constituent des éléments centraux du deuxième pilier de la stratégie, qui vise à « donner les moyens d’agir aux Canadiens ». Tout comme la société a autrefois dû démocratiser l’électricité — en enseignant la sécurité, son fonctionnement et les opportunités qu’elle offre, de la salle de classe à l’usine —, le Canada doit aujourd’hui démocratiser l’intelligence artificielle. Nous devons le faire dans l’intérêt de tous, jusqu’à ce que les enfants puissent un jour l’utiliser aussi facilement et en toute sécurité qu’ils actionnent un interrupteur. 

Cela implique d’intégrer l’éducation à l’IA dans tous les secteurs et à toutes les étapes de la vie, en veillant à ce que chaque citoyen dispose des connaissances, de la confiance et des compétences nécessaires pour vivre et travailler de manière responsable avec des systèmes intelligents. 

À lire égalementInez Jabalpurwala, présidente-directrice générale de la PPF, et Andrew Nevin, directeur de Brainomics Venture au Center for BrainHealth, expliquent comment les humains peuvent s’épanouir dans un monde dominé par l’IA 

L’engagement de la stratégie pour l’enseignement primaire et secondaire (de la maternelle à la terminale) consiste à doubler la formation des enseignants pour atteindre plus de 3 000 éducateurs. Le Canada compte plus de 420 000 éducateurs rien que dans ses écoles primaires et secondaires publiques. Cela représente moins de 1 % de notre principal multiplicateur.  

Une enseignante ou un enseignant bien formé peut influencer une trentaine d’élèves chaque année pendant toute sa carrière. Pour les professionnels du secteur, un objectif de 3 000 enseignants formés ressemble presque à une erreur de calcul. 

Digital Moment, une seule association caritative canadienne, a déjà formé plus de 34 000 enseignants aux compétences numériques et à l’IA. Si une seule association à but non lucratif peut atteindre 10 fois l’objectif national, c’est que cet objectif doit être multiplié par dix. 

Pour améliorer les compétences d’une population, il faut mettre en place des programmes structurés s’adressant à six groupes : 

  • Les élèves de la maternelle à la 12e année et leurs communautés scolaires, afin de développer les bases de la littératie numérique, de créer des parcours vers l’apprentissage automatique et la cybersécurité, et d’offrir un soutien aux communautés éducatives, y compris au personnel enseignant. 
  • Les collèges, les universités et les métiers spécialisés, où l’intelligence artificielle devrait être intégrée à toutes les disciplines plutôt que confinée aux programmes d’informatique. 
  • Les professionnelles et professionnels du secteur public, grâce à une formation structurée axée sur la productivité, puisque l’adoption de l’IA est aussi un enjeu de gouvernance. 
  • Les professionnelles et professionnels du secteur privé, au moyen de programmes adaptés à chaque secteur d’activité, particulièrement pour les petites et moyennes entreprises ainsi que les organisations qui soutiennent nos collectivités. 
  • Les groupes d’intérêt particuliers, notamment les peuples autochtones, les communautés noires et racisées, les personnes en situation de handicap, les nouveaux arrivants ainsi que les populations rurales et nordiques. Ces initiatives doivent être conçues avec les communautés concernées, et non simplement pour elles. 
  • L’ensemble de la population, dans une perspective d’apprentissage tout au long de la vie, afin d’aider toutes les Canadiennes et tous les Canadiens — y compris les personnes aînées — à comprendre les possibilités et les risques liés à l’intelligence artificielle. Cette compréhension est essentielle à une participation démocratique éclairée et à la résilience numérique de notre société. 

Pour chacun de ces groupes, il faudra fixer des objectifs clairs et établir des feuilles de route assorties d’échéanciers. 

 

Adoption de l’IA et pertes d’emplois : les deux faces d’une même réalité 

Le troisième pilier porte sur l’accélération de l’adoption de l’intelligence artificielle au Canada. En 2025, seulement 12 % des entreprises canadiennes déclaraient utiliser l’IA pour produire des biens ou offrir des services. La stratégie vise à faire passer ce taux à 60 % d’ici 2034, tout en créant jusqu’à 250 000 nouveaux emplois d’ici 2031. 

Multiplier par cinq le taux d’adoption de l’IA constitue inévitablement un événement majeur pour le marché du travail. 

Pourtant, c’est précisément sur le sujet qui préoccupe le plus les Canadiennes et les Canadiens que la stratégie demeure la plus discrète. 

Au cours de la prochaine année, les pertes d’emplois attribuables à l’intelligence artificielle pourraient se chiffrer en dizaines de milliers… ou en millions. Devant des prévisions aussi divergentes, nous devons nous préparer à différents scénarios. 

La meilleure politique publique consisterait à financer de véritables parcours de requalification permettant aux travailleuses et travailleurs déplacés de se diriger vers les secteurs où le Canada manque cruellement de main-d’œuvre. 

L’économie des soins figure au premier rang de ces priorités. Dans plusieurs domaines — qu’il s’agisse d’accompagner les personnes âgées, de prendre soin des jeunes enfants ou d’offrir des soins aux personnes malades — nous pourrions faire le choix délibéré de privilégier la présence humaine plutôt que l’automatisation. L’intelligence artificielle peut aider à élaborer un plan de soins; ce sont des personnes qui devraient prodiguer ces soins. Le vieillissement de la population garantit que la demande ne fera qu’augmenter. 

S’ajoutent également les emplois liés à la lutte contre les changements climatiques, les métiers spécialisés nécessaires à la construction de logements et d’infrastructures essentielles — y compris les centres de données que la stratégie souhaite voir se multiplier — ainsi que les secteurs de la sécurité alimentaire, de l’éducation et des services publics. 

Les politiques entourant les déplacements d’emplois causés par l’IA touchent simultanément l’immigration, le logement, la sécurité alimentaire et la protection des personnes les plus vulnérables. Un marché du travail fragilisé par l’intelligence artificielle aurait des répercussions sur chacun de ces enjeux. 

C’est pourquoi la stratégie devrait également favoriser l’adoption de l’IA au sein même du secteur sans but lucratif. Les outils qui améliorent aujourd’hui la productivité des entreprises pourraient également accroître la capacité des banques alimentaires, des organismes d’aide à l’établissement des nouveaux arrivants et des services d’aide à l’emploi. 

Si l’adoption de l’IA se déroule bien, ces organisations pourront multiplier leur impact. Si les pertes d’emplois s’avèrent plus importantes que prévu, notre filet social sera déjà mieux préparé à répondre aux besoins. Dans tous les cas, cet investissement sera rentable. 

La stratégie mentionne les organismes sans but lucratif, mais essentiellement comme lieux d’accueil pour des stages destinés aux jeunes. Or, les amortisseurs sociaux méritent d’être renforcés avant que le choc ne survienne. 

Il n’y a pas de gains de productivité sans données 

Cette réalité vaut autant pour les ministères que pour les entreprises — et désormais pour un pays tout entier. Une stratégie qui vise un taux d’adoption de l’IA de 60 % doit s’appuyer sur une source fiable de données permettant de mesurer les effets réels de l’intelligence artificielle sur la productivité, les salaires et l’emploi au Canada. 

Statistique Canada accomplit déjà un excellent travail. C’est d’ailleurs grâce à ses enquêtes que nous savons qu’à peine 12 % des entreprises canadiennes utilisent actuellement l’IA. Nous pouvons aller beaucoup plus loin en publiant régulièrement des indicateurs nationaux et en mettant à contribution les nombreux économistes, chercheurs et titulaires de doctorat que compte le Canada. 

Le Royaume-Uni vient de créer un AI Economics Institute, présidé par le lauréat du prix Nobel Simon Johnson, avec des ententes de partage de données conclues auprès des principaux développeurs d’intelligence artificielle. Le Canada possède déjà les talents et les institutions nécessaires. Il lui manque surtout un mandat clair, une discipline de mesure et une véritable culture de prise de décisions fondées sur les données. 

Si nous ne pouvons pas mesurer les résultats, nous ne pouvons pas gérer le rendement — encore moins prétendre que notre stratégie fonctionne. 

Les investissements publics doivent produire un rendement public 

Tout ce que nous intégrons à l’intelligence artificielle est amplifié. Si nos systèmes sont efficaces, l’IA les rendra encore plus performants. En revanche, si nos processus sont inefficaces ou mal conçus, elle multipliera ces faiblesses avec une efficacité tout aussi remarquable. 

Les investissements publics ne font pas exception. 

Cette réalité soulève trois questions fondamentales. 

Devons-nous soutenir les meilleurs talents, ou seulement les meilleurs talents possédant une « expérience canadienne »? Ce second critère a trop souvent empêché des personnes nouvellement arrivées, pourtant hautement qualifiées, d’accéder à des emplois correspondant à leurs compétences. 

Comment faire en sorte que les Canadiennes et les Canadiens puissent utiliser les meilleures technologies disponibles tout en favorisant l’essor de solutions développées au pays? 

Et surtout, à quel moment décide-t-on qu’un projet ne produit pas les résultats attendus et qu’il est temps de réaffecter les fonds publics ailleurs? 

Au cœur de la stratégie figure l’engagement de bâtir « une industrie et une communauté de recherche souveraines en intelligence artificielle » et de favoriser l’essor de champions canadiens. C’est l’objectif des quatrième et cinquième piliers. 

Pour y parvenir, le Canada devra adopter une véritable culture de la performance : mesurer les résultats, rendre des comptes et réaffecter les ressources lorsque les objectifs ne sont pas atteints. 

Cela pourrait parfois signifier retirer du financement à des partenaires bien établis. 

L’intelligence artificielle mettra nos forces — comme nos faiblesses — en pleine lumière. 

Prenons un exemple : Ottawa s’est engagé à investir jusqu’à 240 millions de dollars dans un projet d’infrastructure de calcul en Ontario, qui sera construit et exploité par une entreprise américaine. 

Qu’obtient le Canada en retour? 

Des emplois durables? De la recherche et développement? De la propriété intellectuelle qui demeure au pays? 

Ces retombées devraient être clairement définies et faire l’objet d’un suivi public. 

Le gouvernement devrait-il également prendre une participation dans les entreprises qu’il finance? Le nouveau Fonds canadien pour la croissance technologique de 500 millions de dollars prévoit déjà cette possibilité. Si les investissements publics contribuent à créer des entreprises valant plusieurs milliards de dollars, la population canadienne devrait aussi bénéficier de cette création de valeur. 

Il existe la vitesse de la confiance… et celle des processus d’approvisionnement gouvernementaux. 

Une mesure simple pourrait toutefois avoir un effet important : exiger que toute demande de financement public liée à l’IA comprenne une évaluation des retombées en matière de développement des compétences, d’inclusion, d’impact potentiel sur l’emploi ainsi que des mesures prévues pour atténuer ces effets. 

Au minimum, cette exigence permettrait de recueillir des données utiles. Au mieux, elle contribuerait à établir un principe essentiel : les investissements publics en intelligence artificielle s’accompagnent de responsabilités envers le public. 

L’ampleur du défi l’exige. Le Canada compte près de 42 millions d’habitants et une population active de plus de 22 millions de personnes. Préparer le pays à l’ère de l’IA exigera la contribution de tous. Nous sommes toutes et tous concernés. 

Contribuer plutôt que réinventer 

Le sixième pilier est consacré aux partenariats et aux alliances internationales. 

La stratégie affirme qu’« une coalition de démocraties partageant les mêmes valeurs, mettant en commun leurs capacités de recherche, leurs talents, leurs ressources de calcul et leur pouvoir d’achat, offrirait une solution de rechange crédible aux acteurs dominants qui façonnent de plus en plus le paysage mondial de l’intelligence artificielle ». 

Comme puissance moyenne, le Canada ne dispose pas d’un marché suffisamment vaste pour imposer seul ses propres normes au reste du monde. 

Affirmer que « nous sommes souverains et nous rédigerons nos propres règles » peut sembler séduisant, mais si personne à l’extérieur du pays n’est tenu de respecter ces règles, elles risquent surtout d’imposer un fardeau réglementaire supplémentaire aux entreprises canadiennes. 

Pendant ce temps, l’Union européenne est déjà passée à l’action. 

Son AI Act est désormais en vigueur. Son code de pratique prévoit des vérifications rigoureuses fondées sur des données probantes, et les principaux laboratoires d’IA collaborent déjà à sa mise en œuvre. 

Il s’agit d’une norme opérationnelle reconnue à l’échelle internationale. 

À l’inverse, le Canada accuse un certain retard. Son propre projet de loi sur l’intelligence artificielle, la Loi sur l’intelligence artificielle et les données (LIAD), est mort au Feuilleton. 

Devons-nous vraiment repartir de zéro pour créer notre propre cadre réglementaire alors que les démocraties avec lesquelles nous partageons le plus de valeurs ont déjà élaboré un modèle crédible et largement reconnu? 

Le premier ministre lui-même a défendu cette approche lors du Forum économique mondial de Davos. Il y expliquait que le Canada devait collaborer avec les démocraties qui partagent ses valeurs afin de ne pas être forcé de choisir entre différentes puissances technologiques. Car, comme il l’a rappelé : si vous n’êtes pas à la table, vous risquez de vous retrouver au menu. 

La voie à suivre consiste peut-être à contribuer activement à l’amélioration d’une norme internationale déjà solide, tout en l’adaptant au contexte canadien. 

Le Canada est tout à fait capable de le faire — et rapidement. 

Conclusion : le vrai travail commence maintenant 

Toutes ces questions sont liées, et elles ramènent ultimement à un même enjeu : les personnes. 

La stratégie s’intitule L’IA pour tous. 

Cela signifie qu’elle doit profiter autant à celles et ceux qui remportent des prix ou dirigent des entreprises qu’aux personnes qui entretiennent les lieux où se tiennent nos conférences ou qui servent les repas lors de nos événements. 

Nous disposons maintenant d’une stratégie. Le véritable défi consiste désormais à répondre à la question du comment, en gardant les personnes au cœur de chaque décision. 

Pour une grande partie de la population canadienne, l’intelligence artificielle demeure un sujet nouveau. 

Voici donc un devoir collectif. 

Parlez de cette stratégie autour de la table, avec vos voisins, dans la file du café, à la porte d’embarquement d’un aéroport ou lors de votre prochaine rencontre entre amis. 

Qu’il soit question de sécurité, de littératie numérique ou d’emploi, tout commence par l’éducation. 

L’éducation. 

Encore l’éducation. 

Nous devrons former non seulement nous-mêmes, mais aussi nos collectivités… et même les modèles d’intelligence artificielle que nous créons. 

Remerciements 

De nombreuses personnes ont contribué à amener le Canada jusqu’à cette étape : les membres du Groupe de travail sur l’intelligence artificielle, les fonctionnaires, les traductrices et traducteurs, les réviseures et réviseurs ainsi que les partenaires de l’écosystème. 

Leur travail mérite pleinement d’être reconnu. 

« Des tables plus grandes, des récits plus riches, un impact plus large. »

Inez Jabalpurwala, Présidente-directrice générale du Forum des politiques publiques

Notre travail rassemble des dirigeants accomplis et de nouvelles voix qui produisent des idées pratiques et robustes pour des politiques au service de tous les Canadiens.